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On a beau l’avoir vue mille fois en films ou en photos, en avoir lu toutes sortes de descriptions, rien ne prépare à l’orgasme occulaire que procure Las Vegas. Il y a aussi l’appellation familière – toujours prononcée avec admiration – de tous ceux qui y sont allés et/ou y retournent : « VEGAS » !

Pour François Paolini, Las Vegas n’est ni un rêve ni une réalité. En tant qu’utopie qui dès le début s’est vécue comme réalisée, c’est une hyper-réalité. Tout y est réel, pragmatique, et tout y laisse rêveur. Las Vegas exorcise la question de l’origine. Pour n’avoir pas connu l’accumulation primitive du temps, elle vit dans une actualité perpétuelle. Pour n’avoir pas connu d’accumulation lente et séculaire du principe de vérité, elle vit dans la simulation perpétuelle, dans l’actualité perpétuelle des signes. Ce faisant, Las Vegas n’est plus l’anathème ou l’antéchrist de l’Amérique et ses constructions fantastiques portent la formule de nos vies à venir. La ville ne représente plus aujourd’hui la décadence d’une civilisation, mais son évolution, sa mutation, vers une nouvelle forme de société. Certes, la cité de l’entertainment et du jeu fait tout en plus grand, mais il ne s’agit là que d’un changement d’échelle, pas de nature. Aussi, à quelques distances que nous nous trouvions du sud du Nevada, nous sommes tous des habitants de Las Vegas.

Ce préambule établi, s’impose la nécessité de montrer, sans affect, la succession des signes, des images, des visages et des actes rituels qui composent cette force d’attraction unique au monde, laquelle, condamnée à réinventer sans cesse son destin de cité-mirage, a placé sa juste mesure dans l’excès. La mise en perspective par François Paolini des trois paramètres – identité nominale, principe holographique et stimulus visuel intense – fait naître un moyen : le concept d’exposition Las VegARTS 65, lequel repose sur la vision plasticienne et le design par l’artiste de ses propres images au travers d’un prisme à trois faces.

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